Partager l'article ! L’ÉCRITURE PARLE : LA GRAPHOLOGIE L’ÉCOUTE ET LA COMPREND.: L’ECRITURE a trouvé son origine dans le pictogramme, un dessin schémati ...
L’ECRITURE a trouvé son origine dans le pictogramme, un dessin schématique traduisant une idée par une scène figurée. Ce langage articulé a vu le jour il y a environ 100 000 ans. Puis, peu à peu, l’écriture a évolué vers une forme simplifiée : l’alphabet ce qui a permis de la démocratiser. Elle ne serait apparue que depuis un peu plus de 5000 ans.
Contrairement à l’oral, l’écrit ne vient pas naturellement mais résulte d’un long apprentissage. Si le cerveau n’a pas été conçu pour produire le geste graphique, il va le devenir par spécialisation. Ce geste original et propre à la société humaine est produit par une phénoménale mécanique cérébrale très élaborée.
Lors d’opérations bénignes sur le cerveau chez des patients éveillés, des chercheurs ont pu localiser le centre de l’écriture par différents tests au moyen de petites électrodes. Ils ont découvert une zone de quelques millimètres carrés se trouvant dans la partie supérieure du lobe frontal gauche et droit. En effet, il faut séparer deux phases dans l’écriture. L’acte de création fait appel au cerveau droit alors que la correction, la mise en page, le fait de vérifier que tout soit cohérent fait appel au cerveau gauche, celui de la logique et de la compréhension. C’est donc une petite région dans la partie supérieure du cortex frontal gauche qui va être crucial pour la production écrite des mots.
En suivant la logique, tout part d’un message (lu ou entendu), d’une sensation, d’une pensée. Ils vont être décryptés, assimilés, traduits. Il y aura ensuite l’organisation d’un modèle graphique qui aura été programmé ultérieurement par l’intervention de structures cérébrales régulant le mouvement. Enfin, des facteurs multiples (anatomiques, physiologiques, psychologiques, biochimiques) vont venir singulariser l’exécution de l’écriture. C’est ainsi que l’on peut remarquer que chaque individu a sa propre écriture qui ne ressemble à aucune autre.
Plus techniquement, le professeur J. PAILLARD du CNRS-LNF 2, explique l’acte graphique de la manière suivante :
« La promotion de la main comme instrument moteur polyvalent, au service d’un cerveau doté des fonctions symboliques du langage, a certainement joué chez l’homme un rôle décisif dans la constitution d’une trace écrite de la parole. Considéré dans sa modalité d’expression manuelle la plus courante, l’acte graphique résulte de l’enchaînement de mouvements coordonnés des doigts, de la main et du bras assurant le déplacement du marqueur sur le support. L’écriture que nous pratiquons se compose de l’enchaînement d’une suite ordonnée de lettres regroupées en ensembles constituant les mots du vocabulaire. Les mouvements générateurs de la succession des signes écrits se caractérisent par la forme des trajectoires produites, leur taille, la direction et l’orientation de leur alignement et leur vitesse d’exécution (L. Lurçat 1974). En première analyse (Denier Van der Gon et Thuring, 1965 ; Hollerbach, 1982), on considère le déplacement du stylet dans notre écriture cursive comme résultant de la composition de trois générateurs principaux qui s’expriment respectivement :
A cette activité principale, se superposent des retours en arrière à la fin d’un mot pour les signes de ponctuation (accents, points sur les i, barres de t, etc.) et les retours en fin de ligne à une nouvelle position de départ. En outre, la stabilisation de l’extrémité distale est assurée à la fois par l’appui de la main et par la pression du marqueur sur le support, mais aussi par les forces de friction qui s’opposent au mouvement. L’importance de ces dernières rend souvent nécessaire l’intervention coordonnée de l’autre main afin de stabiliser la feuille.
Toutes ces activités vont (à des degrés divers suivant le niveau d’apprentissage et la rapidité de l’écriture) exiger pour leur exécution le recours aux informations anticipatrices ou rétro-correctrices d’origine visuelle et/ou proprioceptive. »
Ainsi, en matière d’écriture, tout est à l’origine d’une idée, d’une émotion venant du cerveau. Celui-ci traduit alors ces ressentis par des gestes avec l’aide d’un stylet. Ensuite, la mise en page, les formes, les mouvements, les trajectoires, la taille des lettres, la direction, la vitesse, etc. seront fonction du degré de sensibilité de chaque individu. Tous ces paramètres vont être repris en analyse graphologique.
LA GRAPHOLOGIE est une technique qui vise à déduire des caractéristiques psychologiques d’un individu à partir de l’observation de son écriture manuscrite. Comme on a pu le voir, le cerveau est instigateur d’émotions qui vont s’exprimer dans le geste graphique par des variations d’écriture provoquées par des mouvements qui seront saisis en détail (à l’aide d’une loupe) mais aussi par rapport à la vue d’ensemble de l’écriture.
Cette technique a été initiée par Camillo Baldi (médecin et philosophe de Bologne – 1550/1636) puis approfondie par le théologien Johann Kaspar Lavater (théologien suisse et écrivain de langue allemande – 1741/1801). Mais c’est le français Jean-Hippolyte Michon (abbé et archéologue – 1806/1881) qui a été le véritable précurseur de la graphologie. Il a été également le créateur de la Société Française de Graphologie (SFDG) qui existe encore aujourd’hui. Puis Jules Crépieux-Jamin (1859/1940), l’un des premiers graphologues français, puisa dans l’abondante documentation de l’Abbé Michon pour s’apercevoir qu’il fallait des fondations sur lesquelles s’appuyer. Elles prirent le nom de séméiologie qui décompose l’écriture en 7 genres (vitesse, pression, direction, dimension, continuité, ordonnance, forme) et 175 espèces graphiques. Après avoir rassemblé, étudié et comparé d’innombrables quantités d’écritures, il définit un vocabulaire et une méthode d’analyse et d’interprétation qui constitue les bases de la graphologie que l’on connaît aujourd’hui.
Ainsi, avec une bonne connaissance des genres et des espèces graphiques, ces dernières devant être comparées et hiérarchisées avec l’ensemble de l’écriture, les graphologues vont pouvoir décrire le tempérament d’une personne. Mais pas seulement. C’est aussi une formation solide en psychologie, en psychanalyse et en caractérologie analytique qui vont renforcer ses aptitudes à saisir tous les symptômes de l’écriture et à en définir les syndromes. Comme en médecine, devant des symptômes dont on ne discerne pas toutes les origines, des examens complémentaires vont être pratiqués car ces signes n’ont généralement pas de cause unique. Et c’est là toute la spécificité de la graphologie car elle permet non seulement de mettre en évidence les différentes particularités du comportement d’une personne mais aussi d’expliquer les fondements de sa personnalité. L’étude de la signature notamment est très importante car elle est expressive du Moi profond et représentative du Moi social.
L’empathie et surtout l’objectivité sont nécessaires pour réaliser une analyse graphologique fiable car, si les graphologues lisent à leur manière et « écoutent » l’écriture qui se livre et se confie, ils doivent éviter de projeter leurs propres émotions ce qui fausserait la validité de cette analyse. Ils doivent également s’interdire tout jugement de valeur car exposer les particularités d’une personnalité n’arroge pas le droit de donner une opinion personnelle. Il faut en effet ne pas la confondre avec le descriptif qui explique ce qu’est une personne dans sa réalité propre.
La graphologie vise à dégager 3 aspects :
1. La forme d’intelligence c’est-à-dire sa nature (cérébrale, intuitive, sensorielle …) – ses qualités (ouverture, clarté, vues larges ou étroites, capacités de concentration …) – comment elle fonctionne (astucieusement, avec rapidité ou mollesse, souplesse ou rigidité …) – sa qualité de jugement (objectif, subjectif, affectif …).
2. Le caractère et la personnalité – équipement caractériel (degré d’émotivité, d’affectivité, importance des défenses …) – sa résonnance (affirmation de soi, confiance en soi, contrôle, blocages …) – les goûts, les besoins (avidité de l’oral, besoin de puissance de l’anal, besoin de sécurité de l’œdipien, égocentrisme du phallique …) – équilibre intérieur (constant, fragile, degré d’épanouissement de soi, approche des autres, adaptation …) – perception par les autres (sécurisant ou déroutant, participation à la vie sociale, rôle entraînant ou suiveur …).
3. Le tempérament, l’activité – tonus vital (actif ou passif, résistance …) – force de l’engagement de soi (combativité, persévérance, découragement …) – motivations et mobiles d’action - autonomie, résistance aux frustrations – rôle de l’anxiété et des freins dans l’utilisation de l’énergie – adaptabilité.
· Sont ainsi mis en évidence les aptitudes, les compétences, les atouts, les talents mais aussi les points à améliorer. Cela permet de trouver des pistes d’évolution pour consolider ses points forts et améliorer ses performances en y apportant une compensation par une expression positive.
La graphologie apporte ses compétences :
1. Au niveau professionnel : entreprises, cabinets de chasse de têtes et de recrutement, cabinets spécialisés en bilan de compétences ou outplacement, psychologues, notaires. Elle intervient également en expertise auprès des tribunaux.
2. Au niveau des particuliers : orientation professionnelle, outplacement, graphothérapie, analyses privées pour apprendre à mieux se connaître et vivre de façon plus harmonieuse avec son environnement, aide apportée aux étudiants et demandeurs d’emploi qui se cherchent ou qui ne savent plus où ils en sont.
La technique graphologique est très employée en Europe. Dans le domaine du recrutement, notamment, il n’est pas toujours aisé de saisir toutes les caractéristiques d’une personnalité et la graphologie permet une approche plus fine de cette personnalité. Elle sera toujours mise en corrélation avec d’autres tests mais c’est l’entretien individuel qui sera le seul susceptible de faire prendre la bonne décision. La graphologie a d’ailleurs été reconnue par l’Afnor (Agence Française de Normalisation) comme méthode d’interprétation valide. De plus, toute personne lors d’un recrutement est en droit de demander les résultats de son analyse graphologique.
Les personnes ayant eu l’approche effective d’une analyse graphologique reconnaissent que l’aide est significative. « Mais comment faites-vous pour savoir ça ? », telle est la question souvent posée. La graphologie n’invente rien. Comme on peut le constater, c’est une technique pointue qui a pour objectif de décrire une personne dans sa vérité.
Il y a également ceux qui n’adhèrent pas à cette méthode pour des raisons qui leur sont propres et que l’on doit respecter. Malheureusement, l’inverse ne se vérifie pas toujours : fumisterie, pseudoscience, marc de café, etc, bien des termes lui sont attribués et quand ce ne sont pas des attaques directes sur la personne des graphologues eux-mêmes. C’est très dommage car, avec l’ouverture d’esprit qui caractérise ces derniers, ils sont capables de comprendre et d’expliquer comme ils le font tous les jours dans l’exercice de leur profession.
On remarque tout de même un paradoxe. Il y a certains professionnels dans le même secteur d’activité qui vont totalement adhérer à la graphologie (et qui vont pour certains appliquer eux-mêmes la méthode) en même temps que d’autres vont totalement la rejeter. On peut remarquer le même cas de figure quand il s’agit par exemple des médecines parallèles. A chacun ses idées mais il faut retenir une chose : aucune intention de nuire, bien au contraire !
Gandhi a dit quelque chose de très juste : « La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents ».
C’est d’ailleurs ce qui caractérise toute la condition humaine : des caractères différents, des ressentis différents, des comportements différents et pourtant une recherche essentielle : vivre en harmonie avec les uns et les autres.
La graphologie cherche à expliquer à chaque personne ses moyens propres pour trouver l’harmonie.
De l’écriture jaillit la vie et chacun trace le chemin qu’il s’est choisi.
Grande ou petite à chacun son écriture
Raide ou souple à chacun sa posture.
Avoir des défenses chacun a ses raisons
Pour trouver sa place et aussi son
H A R M O N I E
Où que l’on soit, d’où que l’on vienne,
La force de vivre est à chacun la sienne.
Ouvrir son horizon avec ses propres moyens
Gage est déjà que chacun voit vers demain.
Il n’y a pas de jolie ou de vilaine écriture
Etre humain simplement, à chacun de tracer sa voie vers le futur.
Catherine Gorrichon - GRAPHO-STYL'
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