Partager l'article ! LES MÉTIERS ATYPIQUES : mal perçus car souvent mal connus.: Dans une société où les conventions imposent de faire des étud ...
Dans une société où les conventions imposent de faire des études et d’obtenir des diplômes pour se forger une légitimité dans le monde du travail, tout ce qui est hors normes, inhabituel est considéré comme suspect.
Il est indéniable qu’il faut se former pour obtenir des qualifications dans ce monde de plus en plus ouvert à la compétitivité. Mais le savoir peut-il seulement s’acquérir sur les bancs de l’école et être forcément sanctionné par un diplôme ? Il semblerait bien que non car de nombreux métiers rares existent reposant simplement sur des dons ou sur des formations spécifiques sanctionnées ou non par des diplômes. En recrutement, on s’aperçoit d’ailleurs de plus en plus que les parcours atypiques sont loin d’être dénués d’intérêt et attirent l’attention.
Alors bien sûr, il faut se mettre à la place de ceux qui ont fait des études et qui pensent être mis en compétition avec ces métiers. C’est frustrant ! Mais doit-on le voir sous forme de concurrence ? Pourquoi ne pas en parler en termes de cohésion, de coopération ? Chacun apporte ses compétences techniques mais il faut se rappeler aussi que tout repose sur l’humain. Tout le monde sait que savoir-faire et savoir-être sont complémentaires. Pourquoi ceux qui ont un métier atypique auraient moins de professionnalisme que les autres ? Partout, dans tous les métiers, il y a les bons et les moins bons et ce n’est pas seulement une question de formation et de diplômes mais aussi de qualités humaines.
Il faut malheureusement remarquer qu’une erreur consiste souvent à comparer des formations qui ne sont pas comparables en ne basant ses convictions que sur ses propres diplômes ou, encore plus grave, sur des idées individuelles bien ancrées, négatives le plus souvent, même si des expériences personnelles précises viennent affirmer le contraire. On voit midi à sa porte dit-on mais ne pas oublier que les aiguilles indiquent aussi minuit à un certain moment !
Les formations sont différentes car les métiers sont différents, tout le monde le sait ! S’il existe bien des similitudes entre certaines professions, il faudrait ne pas tout mélanger et prendre la peine de bien se renseigner pour comprendre en quoi consistent exactement ces métiers rares. Cela permettrait sans aucun doute plus d’objectivité et de tolérance. Quand on voit également que l’on remet en cause l’éthique de ces professionnels atypiques cela repose sur quoi ? Comment peut-on avoir un jugement de valeur sur un métier et des gens que l’on n’a pas cherché à comprendre et à connaître ? C’est en ayant conscience de ce genre de rapprochements trop souvent erronés que l’on se rend à l’évidence que la qualité métier/(homme-femme) ne repose que sur des modèles de référence non-conformes.
Prenons un exemple : le métier de sourcier.
On peut dire que ce métier vieux comme le monde comporte de nombreux tabous et des clichés de toute sorte. C’est pourtant un métier qui ne s’envisage pas à la légère sans connaître les couches de la terre à l'aide de cartes géologiques et savoir utiliser les instruments de détection d'une veine souterraine. Ah ces instruments ! Certains vont tout de suite dire : « c’est pas scientifique ! C’est pas rationnel !» Il est vrai que les outils utilisés ont de quoi étonner (baguettes de coudrier, pendule) mais ça marche…. Ou plutôt ça coule de source !
Tout le monde ne peut pas devenir sourcier même si chaque être humain est doté de capteurs magnétiques. Des chercheurs comme Hartmann, Curry et Rocard l’ont d’ailleurs confirmé. Le sourcier, lui, a un don dans les mains et il l’exploite en se mettant au service des autres. Il arrive à reconnaître où se situe exactement l’eau, à quelle profondeur, quel est son débit, le sens et l’épaisseur de la veine d’eau et quel est le meilleur emplacement pour forer et installer le puits. Et tout cela repose sur quoi ? Sur le magnétisme, phénomène mystérieux mais non moins existant.
Eh non ! Pas de diplômes ! Mais oui ! Une éthique car le sourcier travaille avec la nature et prend soin de ne pas la contrecarrer. D’autre part, pour les détracteurs, il faut savoir que le sourcier travaille le plus souvent par l’intermédiaire de professionnels (foreurs, architectes, installateurs de pompes, régies et Mairies).
Alors le sourcier fait son « blé » de manière atypique, certes, mais il le fait bien et c’est une réalité puisque l’eau jaillit. Il a comme tout le monde une « source » d’erreur due souvent à la composition du terrain.
On peut dire que quand on veut connaître ce métier, on s’aperçoit que ce sont des gens de passion et des puits de renseignements (c’est le cas de le dire) sur tout ce qui touche à l’eau (utilisation de l'eau pour la géothermie et l'eau potable, géobiologie…). Mais encore faut-il avoir envie de s’en rapprocher sans craindre de prendre la tasse (surtout si elle contient un bon café… fait avec de l’eau de source).
Les métiers atypiques ne sont pas ersatz, copier/coller, contrefaçon. On retrouve souvent les termes de croyance, fumisterie, mensonges, marc de café, malhonnêteté, non-conforme à la loi, technique bidon, etc. Pourtant quand on les cerne bien, ils peuvent apporter au contraire une valeur ajoutée aux modèles plus conventionnels. Ils ont leurs spécificités, leurs qualités propres dans tous les sens du terme. D’ailleurs, ceux qui les ont bien abordés et compris n’hésitent pas à en tirer avantage même s’ils sont jugés arbitrairement (par ceux qui ne reconnaissent pas ces métiers atypiques) comme des incapables.
Certains souhaitent la disparition de ces métiers atypiques mais il faut être logique en admettant que leur simple existence et une reconnaissance certaine des compétences et qualités humaines apportées sur le terrain sont la preuve que chacun peut apporter de l’eau au moulin. Rien n’est idéal et c’est en partageant sa source de savoir, chacun à son niveau (d'eau ou autre) que l’on peut aller de l’avant.
Les jugements de valeur s’appuyant seulement sur les conventions, des convictions pures et dures ancrées dans des certitudes ne reposant que sur des méprises, dans tous les sens du terme là aussi, ne reposent sur aucune objectivité. Ne pas être persuadé ne doit pas forcément s’accompagner de rejet puisqu’il existe des convaincus. Cet état d’esprit n’est-il pas après tout une forme d’atypisme ? N’est-il pas plus intelligent de laisser les portes ouvertes plutôt que de les claquer au nez ?
Néanmoins, l’optimisme est de rigueur car on remarque que, de plus en plus, l’atypique est mis en valeur et que l’on refuse de l’enfermer dans une typologie avec un risque de discrimination mais également une perte de connaissances différentes. Ouvrir son esprit plutôt que de stigmatiser, n’est-ce pas au fond ce qui se dégage d’une véritable intelligence collective ?
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